J'ai commencé le piano à six ans, et je ne l'ai plus lâché jusqu'au bac. À ma dernière audition, je jouais le premier mouvement de la Pathétique de Beethoven : ses accords graves, sa colère, puis cette course qui ne s'arrête plus. Pendant quelques années encore, je me suis assis au clavier de temps en temps, pour ne pas perdre la main. Puis le travail a pris toute la place, et le piano est resté fermé.
Bien plus tard, j'ai eu besoin de retrouver du sens. Je me suis imprimé la Barcarolle de juin, de Tchaïkovski, une pièce qui me touche profondément. Et devant la partition, la surprise : ces notes que je lisais autrefois sans y penser me résistaient. Je déchiffrais chaque mesure comme une langue oubliée.
Mon métier, c'est de construire des logiciels et de les faire tourner. Je me suis dit qu'il pouvait, pour une fois, servir à quelque chose de plus intime : m'aider à revenir à la musique. C'est là qu'est née l'idée de Noctave. Des notes de lumière qui tombent pour retrouver ses repères, et un chemin qui ramène, peu à peu, jusqu'à la vraie partition.
Noctave, c'est l'outil que j'aurais aimé avoir ce jour-là. Je le construis pour celles et ceux qui ont, comme moi, un piano qui attend.
Matthias Vogelfondateur de Noctave