Le morceau
Ce n’est pas Chopin qui a appelé ce prélude « la goutte d’eau ». Le surnom tient à une note répétée qui traverse presque toute la pièce : un la bémol, en croches régulières, sous la mélodie de la première partie. Au centre, la tonalité passe en do dièse mineur, la même note s’écrit sol dièse, et le climat s’assombrit : des accords graves soutiennent un long crescendo qui mène à deux sommets fortissimo, avant que le thème du début ne revienne, apaisé.
La note répétée change de main : à la main gauche au début, elle passe à la main droite dans la partie centrale, où elle se double à l’octave, pour plus de 160 attaques en octave. Elle doit rester douce et égale, comme un fond, même quand tout grossit autour : poignet souple, sans jamais la marteler. Sous elle, c’est la main gauche qui chante dans le grave ; donne-lui le premier plan. L’armure passe de cinq bémols à quatre dièses, puis revient. Le crescendo central est long : dose-le pour garder des réserves jusqu’au fortissimo.