Le morceau
Chopin écrit cette valse en 1835 à Dresde et en offre une copie à Maria Wodzińska, qu'il espère épouser ; d'où son surnom, « L'adieu ». Il ne la publie pas. Julian Fontana, son ami, la fait paraître après sa mort, en 1855 chez Meissonnier à Paris, comme op. 69 n° 1, avec l'indication Lento et un métronome à 138 la noire. C'est cette première édition posthume qui est suivie ici, reprise comprise.
La mélodie en la bémol majeur se chante sur une main gauche de valse, basse puis accord. Le défi est le rubato : la main droite peut s'attarder, la main gauche reste régulière. Trois fois, un trait de treize petites notes se glisse dans un seul geste (mesures 28, 60 et 125) : travaille-le seul, lentement, en visant la note d'arrivée, puis replace-le dans la mesure. La partie con anima demande plus de son sans dureté ; la partie dolce qui suit, marquée de nombreux ten., invite à tenir chaque note accentuée un peu plus longtemps. Le tempo réduit aide à trouver la souplesse avant la vitesse.