Le morceau
Beethoven termine la Sonate en fa mineur op. 57, publiée à Vienne en 1807 et dédiée au comte Franz von Brunsvik, par ce finale haletant ; le surnom « Appassionata » vient d'un éditeur de Hambourg, en 1838. Marqué Allegro ma non troppo, il déroule un flot presque ininterrompu de doubles croches. Beethoven demande de reprendre toute la seconde partie, ce que fait cette version, avant une coda Presto en accords.
Le premier défi est l'endurance : plus de huit minutes de mouvement continu. Ne frappe pas les doubles croches, laisse le poignet souple et cherche le poids du bras pour les sforzandos. La main gauche alterne arpèges et accords répétés : travaille chaque main seule, au tempo réduit, puis ensemble. Le Presto final change de geste, avec des accords pleins aux deux mains ; garde des forces pour lui et ne le prends pas plus vite que tu ne peux le tenir jusqu'au bout.