Le morceau
Beethoven compose en 1802 les trois sonates de l'op. 31, publiées à Zurich l'année suivante. La deuxième, en ré mineur, doit son surnom à Anton Schindler, son secrétaire, qui raconte que Beethoven, interrogé sur son sens, aurait répondu : « Lisez La Tempête de Shakespeare » ; l'anecdote est douteuse, mais le nom est resté. Le finale, Allegretto à trois-huit, tourne sans fin autour d'un petit motif de quatre doubles croches, comme une roue qui ne s'arrête jamais. Cette version suit l'édition Durand de 1915 et joue la reprise de la première partie.
Le défi est la régularité : sept minutes de doubles croches presque sans repos. Garde la main légère et près des touches, et laisse le motif chanter sans le marteler ; les nuances viennent par vagues, souvent d'un crescendo soudain retombé piano. Par moments, la main droite descend sous la gauche pour prendre une partie de l'arpège : Noctave te les donne en couleur. Travaille d'abord lentement, main par main, puis ensemble.