Le morceau
Chopin compose cette étude en 1832 à Paris ; elle paraît l'année suivante dans les douze Études op. 10, dédiées à Franz Liszt. Le surnom « Tristesse » n'est pas de lui. Elle s'ouvre sur l'une de ses mélodies les plus célèbres, en mi majeur, marquée Lento ma non troppo avec un métronome à 100 la croche. Un épisode Poco più animato monte ensuite jusqu'à un passage con bravura en doubles notes, avant le retour du thème. Cette version suit la première édition parisienne, avec les doigtés qu'elle imprime.
C'est une étude de chant et de polyphonie : la main droite tient la mélodie avec ses quatrième et cinquième doigts pendant que le pouce et l'index jouent, plus doucement, les doubles croches de l'accompagnement. Travaille la mélodie seule, puis ajoute la voix intérieure en la gardant légère. Le passage central, en sixtes et en accords qui glissent chromatiquement aux deux mains, se travaille lentement, en surveillant la détente du poignet. Le retour du thème, a Tempo, doit retrouver toute sa douceur.