Le morceau
Tout commence dans un murmure : la main gauche déroule une longue figure brisée, très ouverte, sur laquelle la main droite pose une plainte de quelques notes, sotto voce. Puis la mesure passe à trois temps, le mouvement s'anime par paliers, et l'agitation monte jusqu'à un passage marqué con forza avant le retour du premier tempo. Les dernières mesures, Adagio, quittent le mode mineur et se referment en do dièse majeur. Le texte suit la première édition de Leipzig.
Le travail est d'abord celui de la main gauche : elle porte près des deux tiers des notes et la totalité des sauts d'une octave ou plus relevés dans la partition (151). Ces arpèges couvrent plus que la main ; pense chacun comme un seul geste du poignet, le pouce servant de pivot, et laisse la pédale relier les basses que les doigts ne peuvent pas tenir. Dans la partie centrale, les notes répétées et la montée progressive demandent de doser le crescendo : garde de la réserve pour le sommet con forza. Les quatre dièses de l'armure, enrichis de nombreuses altérations, se lisent mieux une fois repérées les harmonies de la main gauche.