Le morceau
Debussy a écrit deux Arabesques pour piano ; voici la première, une œuvre de jeunesse. Son titre renvoie à la ligne ornementale qui s’enroule sur elle-même, et la pièce s’ouvre justement sur des triolets qui montent puis redescendent, joués par les deux mains ensemble. Après une première partie en mi majeur, Andantino con moto, une section centrale plus lente en la majeur, Tempo rubato (un peu moins vite), introduit un chant plus simple, avant que le mouvement du début ne revienne.
Tout se joue ici sur le rythme : sur une cinquantaine de temps, les triolets d’une main s’opposent aux croches de l’autre. Il faut donc trois notes contre deux, sans que l’une des mains n’absorbe le rythme de l’autre. Commence par taper ce rythme sur la table, puis joue-le lentement, en repérant la seule note qui tombe ensemble sur chaque temps. Les deux mains se partagent les notes à parts égales ; à gauche, ce sont souvent des arpèges amples sous les triolets de la droite, à garder égaux et sans accent. Une pédale légère, changée souvent, laisse les lignes claires.