Le morceau
Grieg écrit cette musique en 1875 pour le Peer Gynt d'Henrik Ibsen : elle ouvre le quatrième acte, un lever de soleil sur le désert du Maroc. Il la place ensuite en tête de sa première suite d'orchestre, op. 46, et en écrit lui-même la version pour piano jouée ici, d'après l'édition new-yorkaise de 1900. Un seul thème de quatre mesures passe de l'aigu au médium comme deux instruments qui se répondent, change de tonalité à chaque reprise, monte jusqu'à un grand forte, puis s'apaise dans le grave avant une série de trilles et un dernier accord de mi majeur.
La main gauche pose de larges accords, souvent plus étendus qu'une octave : le trait ondulé devant eux demande de les égrener vite, de bas en haut, pédale baissée, pour que la note du haut arrive avec le chant. Sous la mélodie, la main droite tient souvent une seconde voix : laisse-la sonner sans la refrapper. À partir de la mesure 30, la main gauche passe par moments au-dessus de la droite pour prendre deux notes des doubles croches. Des mesures 36 à 47, la musique traverse des tonalités lointaines : lis-les lentement, une main après l'autre.