Le morceau
Le cavalier sauvage (Wilder Reiter) passe au galop : la mesure à 6/8, marquée Lebhaft (vif), martèle un rythme de croches piquées qui ne s'arrête presque jamais. En la mineur, la pièce suit un plan simple en trois temps : le galop, un passage en fa majeur où le thème descend à la main gauche, puis le retour du début. En quelques lignes, Schumann apprend à l'élève qu'une main gauche peut aussi chanter.
Le thème vit de ses piqués. Chaque croche est courte et rebondie, avec un léger appui sur le premier temps de chaque groupe de trois. À gauche, les accords posés sur les temps doivent être aussi secs que la mélodie. Dans la partie en fa majeur, les rôles s'échangent : la gauche joue le thème dans le médium pendant que la droite pose des accords sur les temps. Ces accords couvrent facilement le chant ; joue-les à peine, et laisse la gauche mener. Un peu plus d'une note sur cinq appartient à un accord, de quoi alourdir la pièce si le poignet se raidit.