Le morceau
La pastorale imite la musique des bergers : une mesure à 6/8 qui se balance, des accords répétés qui font office de bourdon, une mélodie simple au-dessus. Burgmüller l'ouvre par deux mesures de main droite seule, une ligne de croches qui installe sol majeur avant l'entrée de l'accompagnement. Marquée Andantino, la pièce avance sans hâte, et les petites notes semées dans la mélodie lui donnent une couleur rustique.
La main gauche répète le même accord de trois sons en croches, mesure après mesure, et ne change qu'une note quand l'harmonie bouge : sol-si-ré devient sol-do-ré. Garde la main posée tout près des touches et ne déplace que le doigt concerné ; ces accords doivent rester très doux, comme un fond sonore. La mélodie chante au-dessus en longues phrases, avec le balancement à deux temps du 6/8 plutôt qu'en six croches égales. Les dix petites notes de la partition se jouent légèrement, sans retarder la note principale, puis tu retrouves aussitôt la pulsation. Écoute la fin de chaque phrase : la dernière croche s'allège avant le souffle suivant.