Le morceau
Le titre promet une musique sans détour, et l'écriture tient parole : en fa majeur et à trois temps, une main droite qui dévale des gammes en doubles croches au-dessus d'accords tenus de la main gauche. Burgmüller construit la pièce sur ce contraste entre une droite mobile et une gauche presque immobile. Dans la partie centrale, il fait monter la mélodie par paliers, petite cellule après petite cellule, jusqu'à un do très aigu, avant une longue gamme descendante jouée forte.
Tout se joue dans l'égalité des doubles croches : la main droite tient environ cinq notes par seconde, avec des pointes à près de sept. Les gammes descendantes exigent un passage du pouce préparé à l'avance ; repère où il tombe et travaille ces endroits isolément, lentement, le poignet souple. Dans la montée centrale, chaque groupe commence par une croche piquée suivie de deux doubles croches liées : sépare bien ce piqué du reste, sinon le rythme se brouille. La main gauche, faite surtout de blanches et de noires en accords, reste en retrait. Garde-la piano même quand la droite s'anime.